| Rencontre avec Nathalie Le Gendre (1ère partie) |
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Dans le cadre du Prix Ados 2010, la Médiathèque de Pacé a invité ses lecteurs, jeunes et adultes, à rencontrer Nathalie Le Gendre, auteure jeunesse qui concourait cette année avec son roman Les Orphelins de Naja.
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La soirée a débuté de façon festive par une démonstration de Hip-hop d'un groupe d'ados de la MJC, histoire de nous mettre dans l'ambiance de Graff'in love, autre roman de Nathalie Le Gendre.
Quatre jeunes filles ont lu des extraits de Graff'in love, un roman à deux voix très théâtralisé, une histoire d'amour entre deux lycéens, un graffeur et une danseuse de Hip-hop, une rencontre qui va les aider à prendre confiance en eux et à se dépasser.
Nathalie Le Gendre dit avoir beaucoup aimé écrire ce roman qui rend hommage au graff, un art des rues trop méconnu et qui colle bien à l'univers ado.
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Evidemment, le roman Les Orphelins de Naja a suscité un vif intérêt durant cette rencontre. Trois collégiennes sont intervenues avec un texte, un extrait lu et des questions.
Dans cette histoire de science-fiction, les enfants déshérités de la Terre sont envoyés peupler la planète Naja, sous le contrôle de l'Armée et de l'Eglise. Mais de nombreux abus y sont constatés et la jeune Kishana, appartenant aux services secrets, va démanteler un réseau pédophile.
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Ce roman a fait l'objet d'une censure avec un autre titre Je suis ta nuit de Loïc Le Borgne; ils ont été retirés de la sélection du Prix Ados, puis réintégrés la semaine suivante devant le tollé général dans la presse et sur les blogs. La dénonciation d'actes de pédophilie dans l'Église a été le déclencheur de cette cabale. Nathalie Le Gendre a été choquée par le procédé qui a bafoué le droit accordé aux ados de choisir leurs dix meilleurs romans pour ensuite leur signifier que leur choix était mauvais. Elle a même su que dans certains collèges, des jeunes avaient eu l'interdiction de voter pour ces deux titres. Aussi n'a-t-elle pu s'empêcher de monter au créneau en alertant la presse. Elle dit ne pas comprendre cette volonté de surprotéger les jeunes alors qu'on doit au contraire les aider à comprendre notre monde.
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On peut véritablement parler chez elle d'une écriture de dénonciation, dénonciation de toutes les formes d'injustice et de violence, de la souffrance humaine, celle de SDF, des enfants maltraités, de même que la pollution de la planète par l'homme.
"On est tous différents; si l'on pouvait tous s'aimer", a-t-elle dit dans un soupir.
Nathalie Le Gendre fonctionne à l'émotion. Ses romans sont des cris de révolte, à l'image de leur auteure qui est une écorchée vive, qui écrit avec ses tripes. Elle dit même écrire comme on vomit; c'est une phase douloureuse où elle jette sur le papier tout ce qu'elle a sur le cœur, sans souci des fautes et du style. Puis elle laisse reposer de une semaine à un mois et elle tire la chasse d'eau ! Et là, c'est le régal, elle s'amuse à tout retravailler, tout corriger, douze à quatorze heures par jour.
Son dernier livre, très fort, Brune et Jules en est un bel exemple. C'est l'histoire d'une jeune fille dans la tourmente de la violence conjugale qui tente de protéger son demi frère et sa demi sœur. Mais lorsque le quotidien devient insoutenable, elle fugue et trouve refuge auprès de Jules, un vieux sans-abri, qui lui offre la chaleur de son amitié, l'aidant ainsi à prendre du recul, à envisager l'avenir autrement. C'est un roman réaliste et courageux qui aborde frontalement la maltraitance et l'abus des enfants livrés à des adultes défaillants, un roman utile qui permet de comprendre pourquoi certains jeunes se retrouvent dans la rue. Un texte de résilience avec une part d'autobiographie qui le rend encore plus précieux. La révélation à la fin du roman est incroyable et pourtant elle est vraie; comme quoi la réalité dépasse souvent la fiction !
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